Histoire du sumô - 相撲

L’histoire du sumô est liée à celle du Japon. On trouve la plus ancienne mention écrite du sumô dans un livre de 712, qui est le plus ancien exemplaire existant d’écriture japonaise. Le livre relate une légende selon laquelle la possession des îles japonaises a été déterminée par un combat de sumô. 

Selon le livre, les dieux Takemikazuchi et Takeminakata se battirent sur la côte de la mer du Japon, là où se situe maintenant Shimane-ken, jusqu’à ce que l’un d'eux gagne. Ainsi, le contrôle de l’archipel a été cédé au peuple japonais mené par Takemikazuchi, dont on dit qu’il a établit la famille impériale dont descendrait l'actuel empereur.

 

A cette période le combat semble être un sport plutôt basique, instinctif, pratiqué seulement par les hommes. Le sumô était au départ violent sans coups interdits, souvent un véritable combat jusqu’à la mort.

 

Dans les années 800, la pratique du sumô était considérée comme un art martial, des règles furent établies et les techniques affinées. Il était pratiqué par la classe guerrière.

Le sumô a évolué progressivement au fil des siècles jusqu'à l'ère Edo, où les rangs et les listes officielles ont été introduits. Puis en 1761, la première version professionnelle du sumô fut crée et appelée "ozumo".

Le sumô moderne vit le jour en 1927 avec la fusion de l'association du sumô de Tôkyô avec celle d'Osaka.



Entrainement des rikishi - 力士

L’entraînement des lutteurs de sumô (appelé keiko) est toujours matinal et très intense. Il se déroule dans des heya et repose sur des exercices de force, de souplesse et d’endurance. Les rikishi sont à jeun lorsqu'ils démarrent 

l'entrainement.

 

L'entrainement commence à 5h avec des échauffements et des exercices d'endurance. Les rikishi font monter leur température corporelle et travaillent leur endurance avec des exercices cardio-vasculaires.

Le footing est exclu car trop dangereux pour le dos, les genoux et les chevilles à cause de leur masse. Quand la heya en dispose, les rikishi peuvent effectuer un tour de bicyclette dans le quartier pour s’échauffer.

Une fois le corps bien chaud, les lutteurs commencent une série d’exercices abdominaux et lombaires assez longue et intense. Le but de ces exercices est de renforcer la sangle abdominale et de développer le ventre, pour former une solide caisse.

 

Ensuite les lutteurs poursuivent avec des exercices de souplesse et de force. Ces exercices durent jusqu'à 8h.

 

De 8h à 11h les rikishi s'entraînent au combat en s'affrontant mutuellement jusqu'à l'épuisement. L'entrainement se termine à 11h, les rikishi mangent et se reposent.



Alimentation des rikishi - 力士

Le menu type du lutteur est le "chanko nabe".

Le chanko nabe est un mélange de poulet frit, de pommes de terre, de chou et de radis bouillit, auxquels on rajoute des carottes, champignons, tofu...

Le chanko est donc une espèce de ragoût, très gras et très salé, mais qui reste assez équilibré.

Le chanko est accompagné d’une énorme quantité de riz (parfois de nouilles), de divers autres plats (beignets de poissons, boulettes de viande, pâté de tofu, gâteau de riz,…), et de boissons sucrées (jus de fruit, sodas..).

 

Le premier chanko est servi vers midi, les titulaires mangent en premier, les non gradés se contentant ensuite des restes.

Ce premier repas est suivi d’une sieste jusqu’au milieu de l’après-midi. Cela permet de faire circuler lentement la nourriture dans leur organisme, et de prendre du poids et du gras.

 

Le second repas suit la même démarche. Pris le soir, vers 19-21 heures, il précède la nuit de sommeil, et favorise également la prise de poids. En moyenne, un rikishi consomme entre 8.000 et 10.000 calories par jour.



Tournois de sumô - 場所

Il y a 6 tournois officiels se déroulant sur un an. Durant ces tournois les rikishi combattent toute la journée. Les rikishis sont d'abords présentés, vêtus de leur mawachi (pagne porté par les lutteurs de sumô) et d’un tablier.

 

Les combats sont précédés d’une cérémonie qui dure environ 3 à 4 minutes. Dans un premier temps le crieur public appelle les deux lutteurs. Les rikishi doivent exécuter un shiko (exercice d’assouplissement consistant à lever une jambe et la faire retomber avec force sur le sol). Ils effectuent ceci avec chacune de leur jambe puis retournent dans leur coin. Chaque lutteur reçoit alors une coupelle d’eau pour se rincer la bouche. Les deux lutteurs prennent alors une poignée de sel et la jette au sol pour purifier le lieu puis se dirigent vers le centre. Ils vont alors se mettre en position accroupie les bras tendus, paumes vers le haut puis vers le bas pour montrer symboliquement qu’ils n’ont pas d’arme. Les lutteurs devront alors revenir dans leurs coins, puis relancer une poignée de sel avant d’effectuer à nouveau un shiko.

 

Ensuite les deux lutteurs se retrouvent au centre du cercle derrière leur ligne blanche et posent leurs poings au sol. Le combat ne commencera qu’une fois que les deux rikishis auront posé leurs deux poings au sol. Le combat ne dure que quelques secondes et se termine lorsqu’un des lutteurs est sorti du cercle ou lorsqu’il pose autre chose que ses pieds au sol. Une fois le combat terminé le vainqueur se voit remettre une lettre comprenant une somme d’argent.



Intai (fin de carrière) - 引退

La fin de la carrière d’un rikishi (nommée intai) est un événement majeur.

 

La cérémonie qui accompagne le rikishi vers la sortie est appelée le "danpatsu shiki" et dure plusieurs heures. 

C’est une occasion de célébrer les hauts-faits de sa carrière, mais aussi d’assister à la coupe de son chon-mage (chignon traditionnel hérité de l’époque des samurai) ou ôichô-mage (chignon en forme de feuille de ginkgo, destiné aux hauts gradés).

 

Le rikishi reçoit des cadeaux d'adieux, ses confrères participent à des défilés, puis des combats de sumô sont présentés.

Quelques rikishi chantent, et la journée se conclut par la cérémonie de rotation de l'arc (yumitori shiki).